Gods Games

Sommes-nous les jouets des dieux ?
Dans ce forum RP, des rencontres crues impossibles pourront avoir lieu
entre d'illustres ressuscités et des personnes de notre siècle

 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 La quête

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
Neil Chesterfield

avatar

Messages : 232
Date d'inscription : 07/03/2011

MessageSujet: Re: La quête   Ven 13 Avr - 18:35

Son adorable Lind le surprendrait toujours. Être enlevée par des pirates et conquistadores l’avait peut-être plus aguerrie qu’il n’y paraissait ? En tout cas elle n’hésita pas à s’avancer vers ledit Miyamoto Musashi, main tendue.

*Quelle bonne femme !*

À la fois fier et inquiet pour son épouse, Neil constata avec bonheur que le samouraï restait de marbre.
Que fait-on devant une statue impénétrable ? On s’incline ou on l’ignore.
De part ses quelques contacts commerciaux avec des japonais, Chesterfield les savait très friands de courbettes. Néanmoins, si l’ampleur de l’inclinaison prouvait la profondeur du respect, il ignorait quel degré leur donner face à cet individu. Aussi s’abstint-il. D’ailleurs, l’attitude rigide du samouraï semblait indiquer soit du mépris soit de l’arrogance, allez savoir ?
Assez à son aise malgré la situation inédite, Lindsay convia le Nippon à se joindre à eux pour le repas.
Tout le groupe, rôdé comme du papier à musique, se mit en branle afin d’établir un campement digne de ce nom. Intéressé ou pas, l’individu les contempla s’activer.
Neil s’occupa des tentes en compagnie de sa femme à qui il glissa :


Tu es très courageuse, ma chérie mais essaye de tenir ta langue. Je ne crois pas que les Japonais médiévaux aimaient trop que les femmes s’immiscent dans leurs affaires.

Elle lui rétorqua une remarque pure Lind.

Discutant à bas bruit avec les autres, Andrew Paggit donna quelques avertissements afin de ne pas froisser leur hôte qui se départit soudain de sa réserve pour émettre une réflexion sagace :

Je vous suggère d’éteindre ce feu et d'en allumer un autre avec moins de bois et de le trouver beaucoup plus sec.

Tous tournèrent vers lui un regard ahuri, voire vexé mais il poursuivit, imperturbable :


Il serait dommage que des invités indésirables ne troublent... cette cérémonie du thé...

Justement ! bondit Jeremy Poindexter. Ce feu doit fumer abondamment si nous ne voulons pas être assaillis par les bestioles ! J’en ai repéré de pas commodes.

Court sur pattes et un peu bedonnant, le paléontologue et naturaliste australien osa affronter le Rônin en expliquant de long en large la nécessité de la chose. Un insecte ressemblant aux moustiques préhistoriques avait essayé de le piquer sitôt la pierre franchie. Connaissant les ravages que pouvaient engendrer cette vermine, il insista pour que l’on maintienne l’enfumage intensif voulu par ses soins.
Chesterfield se trouva dans une position mitigée. Aucun des deux hommes n’avait tort. Fallait-il se laisser dévorer par les diptères ou attirer l’attention d’autrui ? On pouvait utiliser les camping-gaz mais mieux valait les préserver en cas de contrée moins boisée.
Il trancha :

Laissons la fumée éloigner les insectes. Pour la sécurité des alentours, nous monterons la garde à tour de rôle.

Comme pour prouver sa détermination à régler son compte à tout intrus malveillant, Chavez arma son fusil mitrailleur et le braqua sur la forêt.
L’eau était chaude maintenant. Les tapis de sol synthétiques déployés permettaient de s’installer autour du foyer. Les hésitations à s’asseoir étaient manifestes. Neil se risqua à émettre :


Désolé pour l’absence de protocole. Nous sommes issus du XXIème siècle après Jésus-Christ.


Il plia sa grande carcasse et s’assit en tailleur. Le petit panier contenant les sachets de thé et le pot de café instantané fut présenté aux convives. Histoire de donner l’exemple, même s’il était plus fan des grains moulus que des feuilles hachées, Chesterfield prit une enveloppe de Darjeeling qu’il rompit avant d’immerger le sachet dans l’eau bouillante.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lindsay Fairchild

avatar

Messages : 753
Date d'inscription : 22/02/2011
Age : 30
Localisation : Quelque part?

MessageSujet: Re: La quête   Sam 14 Avr - 20:32

Une dame bien née fait ceci et pas cela…Une dame bien née patati et patata. Sa vie avait été régie par règles et conventions de toute classe. Elle savait tout ce qu’il fallait savoir pour être ce que tous attendaient d’elle : une exquise, délicate dame de société. Au détail près, Lindsay avait réussi, à part entière, à exaucer les vœux de sa famille si haut placée dans l’échelle sociale. Après tout n’avait elle pas épousé le meilleur des hommes ? Homme qui aurait, sans aucun doute, gagné la totale acceptation des siens. Elle l’avait secondé de son mieux dans la tâche qu’il s’était imposée en tant que maire du village, faute de mieux. Sa mère rêvait, sans en faire grand secret, à la voir peut être occuper la place de première dame. Mrs. Fairchild avait de grandes ambitions et toutes les possibilités de les mener à bon but mais bien sûr, c’était sans compter avec la rouerie extrême de ce Destin loufoque.

Penser à cela amena un sourire aux lèvres de Lindsay. Sa mère ferait une apoplexie en voyant à quoi se résumaient ces années de perfectionnement social. N’était elle pas en pleine cambrousse, au milieu de Dieu seul sait où, à voir son mari s’initier au « cérémonial » du thé ? Très à sa façon, il faut le dire. Du coin de l’œil, la jeune femme guetta la réaction de leur invité de fortune. Aucun besoin d’être fin psychologue pour deviner que sous son aspect impassible, Miyamoto Musashi était choqué par la sauvage transgression commise. Pour un japonais, le rituel du thé méritait bien plus de respect.

*On est bien partis*

Mais elle opta pour imiter, avec élégante désinvolture, les gestes de Neil. Jugeant que sa préparation était à point voulu, elle se tourna vers le samouraï et lui présenta le gobelet métallique avec autant de savoir faire que s’il s’agissait de la plus fine porcelaine et qu’ils se trouvaient dans un salon.

Veuillez excuser nos manières mais tenant compte de la situation, il ne faut pas nous en vouloir !

Pas loin d’elle, Andrew Pagitt soupira bruyamment. Sans doute un autre manque terrible au protocole. Tant pis, faudrait faire avec. Prenant soin de ne pas toucher l’impassible de service, elle lui livra sa tasse de thé. L’homme était très poli et accepta sans un mot, pas dire d’un sourire. Ce serait déjà ça de gagné.

Chacun but son thé sans faire de commentaires et on passa à la préparation du repas du soir. Aristide Le Gallet s’en donnait à cœur joie, discourant, volubile, avec Poindexter et Pagitt. Neil, lui, mettait à point la défense du périmètre avec Lewis et Browning alors que Chavez et Hopeman allaient faire un tour de reconnaissance. Dan McIntosh révisait sa trousse médicale. Restée, par la force des choses, en tête à tête obligé avec le nouveau venu, Lindsay décida que, bon an mal an, il fallait le mettre un peu au courant sur eux et poser, en passant, quelques questions jugées pertinentes.

Comme vous a indiqué tantôt mon époux, nous sommes issus du XXIème siècle. Je doute que cela vous dise grand-chose mais d’après ce que nous a appris Mr. Pagitt vous-même venez d’une époque lointaine.

Il se limita à un sec hochement de tête. Très encourageant.

Nul ne sait s’expliquer comment cela a pu se produire mais le fait est que nous avons déjà rencontré d’autres personnes issues d’époques différentes à la nôtre. Ce monde est très étrange. Mon mari et moi sommes arrivés ici après avoir naufragé…les autres après un détournement de leur avion. Et vous, Mr. Musashi, comment êtes vous arrivé ?

C’était à son avis, la plus légitime des questions. La réponse, sans fioritures, la laisse songeuse mais pas trop perplexe, on commençait à s’y faire, aux histoires bizarres.

Ah bon ? Mort et revenu à la vie. Intéressant.

*Bien sûr, ma pauvre, juste le commentaire qu’il faut. Tu dis à un japonais mort il y a quelques siècles que ressusciter est intéressant !? Tu perds les moyens !*

Y a t’il d’autres comme vous, par ici ?...Enfin, peut être pas de samouraïs mais…de revenus à la vie, je veux dire.

Il devait la prendre pour la dernière des folles mais Lindsay ne se laissa pas abattre pour autant. Miyamoto Musashi n’était décidemment pas le plus bavard des hommes et elle commençait à se sentir comme un enquêteur interrogeant un témoin revêche.

Néanmoins, réticent ou pas, il délivra peu à peu sa version des faits. Lindsay écouta, soufflée, sans se rendre même pas compte que Dan les avait rejoint.

Quelle histoire ahurissante !
, parvint elle à dire enfin, cela veut dire…qu’à n’importe quel moment on peut se trouver nez à nez…avec Dieu sait qui…

L’idée en soi était loin de la faire raffoler de bonheur, se doutant bien que pas tous ceux susceptibles d’être revenus à la vie ne seraient pas si courtois que le samouraï.

Nous sommes parés à toute éventualité.

Cette information était surtout pour se rassurer soi-même.

Nous avons même un docteur. Un très bon d’ailleurs.


Prenant conscience de la présence de McIntosh, elle lui adressa un sourire lumineux pour retourna son attention vers Miyamoto qui n’avait pas bronché.

Nous ne cherchons de problèmes avec quiconque, nous ne désirons que retrouver nos amis perdus et si possible rentrer chez nous…enfin, au village. Mais bien sûr, si quelqu’un a des mauvaises intentions envers nous, nous saurons nous défendre…n’est ce pas, Dan ?

Ce n’était sûrement pas le toubib qui sauterait sur le râble de l’ennemi mais aucun besoin de laisser savoir à leur invité qu’il était un pacifiste endurci. La conversation n’était pas des plus nourries mais bien que mal on arrivait à faire semblant de se communiquer quand soudain Lindsay s’arrêta à mi phrase, l’air de qui vient de mettre le doigt sur quelque énormité.

Vous…je…enfin…c’est que je viens de réaliser que…Comment est ce possible…

De quoi penser qu’elle commençait à perdre carrément la tête mais reprenant son souffle, Lindsay poursuivit :

Ce que je veux dire est que c’est quand même fascinant que nous soyons là, à bavarder…à nous comprendre. Ce qui m’épate le plus est que…je suis presque sûre que les samouraïs de votre époque ne devaient pas parler couramment l’anglais…pas plus que je ne parle un mot de japonais ! Mais enfin…on y pensera plus tard.

Sur cette remarque d’incommensurable sagesse, elle se leva, laissant Dan et Miyamoto le souci d’élucider le grand mystère de la parfaite communication. Ce ne serait pas de sitôt qu’on connaîtrait les résultats de ces cogitations plutôt silencieuses

Le Gallet avait, comme d’habitude, concocté des mets appétissants malgré la précarité de l’aménagement. Ils dégustèrent sans trop de conversation. Les épreuves du jours les avaient éreintés et on ne songeait qu’á une bonne nuit de sommeil réparateur. On signifia à Miyamoto qu’il était le bienvenu au cas de vouloir se joindre à l’expédition puis Neil passa à désigner les tours de garde. Les premier quart serait pris par Browning et Poindexter.

Enfin à seules avec Neil, à l’abri de leur petite tente, Lindsay soupira.


Je ne sais pas où nous mènera cette aventure. C’est de plus en plus bizarre…j’ai peur, toi pas ?...C’est normal, quand même, avoir la trouille…Si tu es là, tout va bien, pour moi…Miyamoto ? Il m’inspire confiance…je ne sais pas exactement pourquoi mais c’est comme ça ! J’espère qu’il restera avec nous…après tout compter avec une fine lame comme lui, aux dires de Pagitt, n’est pas négligeable…Si on se trouve des alliés, d’autant qu’ils soient utiles à quelque chose, non ?...Au fait, chéri…tu as remarqué qu’il parle très bien l’anglais ?...Je t’aime mais là…

Sans finir sa phrase, elle se blottit contre Neil et s’endormit instantanément.

L’aube colorait à peine le ciel mais tous étaient déjà debout, prêts à affronter une nouvelle journée. Le café matinal ou le thé, au choix, se dégustait calmement quand la paix idyllique qui avait régné jusque là fut rompue par un long cri sauvage et quelques courtes rafales de tir… le tout suivi d’un concert de hurlements effroyables à vous dresser les cheveux sur la tête et de l’éclat de feu nourri. Le temps de réagir et s’armer…une flopée d’êtres hirsutes, aux mines tout moins engageantes, déferlait sur eux en brandissant des gourdins rudimentaires dont personne n’avait envie de connaître l’efficacité…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: La quête   Dim 15 Avr - 16:07

  • Musashi observa songeur une feuille de thé flottant sur son infusion. Il eut une pensée fugace pour le maitre de thé Sen no Rikyū condamné au suicide pour avoir déplu à son seigneur. En observant la jeune femme souriante, Musashi songea que certaines personnes ignoraient leur chance. Musashi fit alors l'effort inouï de gouter ce thé sans gout ni odeur... en gardant son visage impénétrable.

    Le XXIème siècle après Jésus-Christ.... Il connaissait parfaitement le nom du dieu des chrétiens et la façon qu'avait ces derniers de compter à partir de la naissance supposée de leur divinité. Il connaissait très bien les chrétiens pour en avoir tué énormément dans les dernières années de sa vie...

    Le XXIème... cela faisait quatre siècles après sa propre mort. Et après un rapide regard au groupe, il se dit que les occidentaux avaient gagné en propreté...

    "....Et vous, Mr. Musashi, comment êtes vous arrivé ?"

    Être appelé par son prénom sans formule de politesse lui fit l'effet d'une gifle. Mais comment en vouloir à des enfants... car c'est exactement l'effet que lui faisait la jeune femme. Une enfant intarissable...

    Je suis mort et revenu à la vie...

    Voila qui avait le mérite d'être clair. Il allait rajouté, "comme votre Christ". Puis il songea qu'il se devait de respecter leurs étranges croyances. Après cela, il faut avouer qu'il cessa d'écouter la jeune femme.
    On lui offrit le repas. On lui présenta un carré de viande accompagné d'une purée jaunâtre. On lui parla de pomme de terre... Il choisit d'ignorer cette mixture qui évoquait une déjection pour se concentrer sur la viande.

    Il observa les allées et venues du groupe et leur répartition des taches. Musashi avait pour l'essentiel de sa vie absolument tout géré par lui-même. Et la confiance était un luxe dont il avait rarement abusé. Il avait observé leurs arquebuses perfectionnées.... Il était persuadé que même avec 4 siècles de progrès ces armes ne seraient pas un avantage dans un espace fermé comme une forêt. Il suffisait de sortir de cette clairière pour ne plus voir après cinq mètres.

    Il était incapable de dormir même après le cadeau d'une tente pour s'abriter. Il se devait de ne rien perdre de environnement et une tente lui évoquait davantage un linceul qu'une protection. Il laissa se dérouler la nuit et attendit l'aube près du feu. Et c'est seulement à l'aube que son esprit s'éclaircit, comme le ciel... Une brise venue de la forêt amena une odeur infecte... un mélange de crasse et de viande faisandée. Musashi sentit monter une excitation violente de sa colonne vertébrale vers son cerveau. Il savait ce qui allait arriver bien avant de "les" voir. Il se leva lentement quand une meute vaguement humaine jaillit des bois et pris de court les gardes et leurs arquebuses du XXIème siècle.

    Une vingtaine d'individus se dirigèrent droit vers lui. Musashi comprit qu'ils étaient intéressés par la réserve de nourriture derrière lui. Il les observa. Ils étaient nus, plus petits que lui, une face plus proche d'un animal que d'un humain... pourtant, il était persuadés de se trouver devant des humains. Le groupe s'était figé à quelques cinq mètres de lui. Sans doute stupéfait par l'immobilité de cet humain en noir. Musashi sortit son plus grand sabre, mais toujours dans son fourreau. Il traça devant lui un demi cercle sans perdre de vu celui qu'il avait identifié comme le mâle dominant.

    Tu es un humain... Alors tu comprends mes paroles... Le premier qui traversera cette ligne mourra.

    Musashi n'avertissait jamais deux fois.
    Deux individus particulièrement puants franchirent la ligne. Entre la ligne tracée et Musashi, il y avait la longueur de son sabre. Il sortit l'arme de son fourreau avec la rapidité et la précision d'un serpent frappant sa proie. La courbure prise par le mouvement de la lame ouvrit la poitrine du premier adversaire jusqu'au cœur et trancha nette la tête du second qui roula jusqu'au feu mourant.

    Une gerbe de sang avait inondé sa figure et Musashi sourit à la meute.

    Je ne désire pas votre mort, mais je prendrais la tête de chacun d'entre vous....
Revenir en haut Aller en bas
Daniel McIntosh

avatar

Messages : 133
Date d'inscription : 16/03/2011
Age : 40

MessageSujet: Re: La quête   Lun 16 Avr - 21:17

Finalement, le samouraï semblait bel et bien en être un ou alors le gars méritait l’oscar du meilleur acteur.
Comme prévu, Aristide Le Gallet avait emporté divers sachets de thé mais aussi -béni soit-il- du café instantané. McIntosh ne se priva pas de se faire un petit noir pendant que la très diserte Mrs Chesterfield essayait de faire la conversation avec leur hôte. Un peu perdu dans ses pensées, le toubib sursauta en entendant son prénom. Elle voulait son point de vue en cas d’assaut hostile ?
Il assura :


On est parés, oui !


Pour lui-même, il ajouta :


*Les autres le sont peut-être. Moi, je me planquerai !*


La seule phrase dont daigna les honorer le samouraï donna beaucoup à réfléchir au médecin.

Je suis mort et revenu à la vie...

Le phénomène avait de quoi tracasser un cartésien. Lors de l’attaque du village, Dan comme d’autres avait été surpris de l’absence de corps. Vu les échanges sanglants, on aurait au moins dû ramasser un cadavre mais… non ! Pourtant leurs rangs avaient subi des pertes et plusieurs personnes avaient été portées disparues... Les morts ressuscitaient-ils ici ? Tous ou seulement ceux d’une autre époque ?

*Sommes-nous morts aussi ? *


Voilà de quoi vous priver d’appétit et de sommeil ! Il ne fit pas honneur au plat proposé par le cuistot, tout comme Mr. Miyamoto qui grignota sa viande du bout des dents.
Pas idiot, Neil organisa les tours de garde. Dan dut prendre le second quart en compagnie de Sharon Hopeman. Il ne pouvait rêver meilleure compagnie, pour la sécurité s’entend. Car l’Israélite était presque aussi murée que le Nippon. À part astiquer son artillerie, un fusil prêt à portée, rien ne l’intéressait.
Les tentes s’étaient réparties en toute équité. S’il dut partager la sienne avec le chef coq et Poindexter Dan ne s’en plaignit pas car la verve de ce dernier valait le détour.
Peut-être Dan arriva-t-il à roupiller quelques heures ? En tout cas, il dormait quand des bruits alarmants lui dressèrent l’échine. Ça braillait et ça tirait !
Il ne fit pas l’autruche, et se rua dehors pour assister à un règlement de compte très… sanglant.
Dressé face aux envahisseurs, le samouraï vendait chèrement sa peau en faisant joyeusement valser les têtes affreuses depuis son long rasoir.


*Des hommes des cavernes ? *


L’estomac de Dan, pourtant léger, lui tomba dans les pieds. Incapable de geste ou de paroles, il assista aux déchaînements des hostilités. Habile dans ses moulinets, le samouraï ne laissa aucun de ses ennemis approcher d’un périmètre invisible à l’œil tandis que ça tiraillait vigoureusement de tous les côtés.
Ébahi, il vit le cuistot se servir de sa marmite comme d’un boulet et en assener des coups formidables à chaque front plat passant à portée. Mrs Chesterfield savait manier autre chose que la cuillère à thé ? En tout cas, elle appuyait tactiquement la gâchette de son Browning, sans sourcilier au côté d’un Neil armé d’une vieille Winchester très performante.
Hopeman rigolait en mitraillant tout ce qui passait dans son champ de vision alors que les autres « spécialistes » lui donnaient la réplique.


*Hey ! Derrière toi !*

Certains primitifs devaient être plus malins que d'autres fonceurs. Deux rampaient dans l’herbe rase et se dirigeaient dans le dos de Jeremy Poindexter qui, allez savoir pourquoi, prenait furieusement des notes dans le calepin qu’il ne quittait jamais.
Sans savoir comment son couteau se retrouva dans sa main, et lui en train de ramper dans un contournement très sensé, il prit à revers les malintentionnés. Lame déterminée, il se redressa et saisit à pleine main la tignasse crasseuse d’un préhistorique, mais…


*Tu sauves des vies ! Tu ne les prends pas !*

Cette réflexion éclair sur l’existence faillit lui coûter la sienne. Un coup de feu, suivi d’un second, régla les problèmes. La nausée le submergea. Il ne connut la fin des hostilités que lorsqu’on lui déversa de l’eau sur le visage.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Neil Chesterfield

avatar

Messages : 232
Date d'inscription : 07/03/2011

MessageSujet: Re: La quête   Mer 18 Avr - 10:45

Des expéditions, Neil Chesterfield en avait menées, bien malgré lui il est vrai, depuis le naufrage du paquebot. Peu importait le passé, il fallait aller de l’avant même si, de temps à autre, le souvenir de cette luxueuse croisière le faisait sourire. Sans elle et cette incroyable erreur d’octroi de cabines, il aurait dédaigné Lindsay Fairchild, celle qui était devenue le phare de sa vie. Elle avait des défauts, comme toute personne normale, mais la plupart du temps ils devenaient qualités.
Que d’efforts ne déploya-t-elle pas dans l’espoir de dérider le bridé ? (J’ai pas mis de débrider le ridé…) Pour essayer la causette, elle y mit du sien. Hélas, sans grand résultat. Myiamoto Mushami absorba son thé comme si l’agueusie le tenait puis sa viande avec une mine quasi dégoûtée. Peu, du reste, firent honneur aux talents du cuistot qui, heureusement, ne se vexa pas.

Lourde était la charge de chef de groupe surtout quand on ne l’a pas voulue. Neil ne désirait pas s’imposer. Les circonstances faisaient que, point barre. Il espérait avoir paré au pire…

Sa Lindsay comprit ses craintes et, sous leur tente, tenta de les chasser :


Je ne sais pas où nous mènera cette aventure. C’est de plus en plus bizarre…j’ai peur, toi pas ?

Tu me connais assez pour savoir que je meurs de trouille. Je fais avec, c’est tout.

C’est normal, quand même, avoir la trouille… Si tu es là, tout va bien, pour moi.

Je t’adore ! Mais dis-moi, toi qui possède le talent de dépister les sentiments d’autrui, que penses-tu de notre hôte ?

Elle lui assura se sentir confiante. Ce qui l’ébahissait était surtout la « facilité » de communication. Avec un gars qui n’avait pas allongé plus de cinq phrases, sa Lind était impayable.
La miss était fatiguée, lui aussi. Ils s’endormirent comme on souffle une bougie.

Son quart personnel, il le passa en compagnie de Lewis, ce rebelle rentré dans les rangs. Très observateur et limier à ses heures, il maintint son attention en lui narrant maints propos sur son expérience du terrain. Selon lui « ILS » allaient intervenir, « ILS » leur bousilleraient encore la vie. « ILS » s’amusaient… Quant à savoir qui Ils étaient, Neil resta sur sa faim.

Le dernier quart devait être assuré par Poindexter et Browning.
Neil eut l’impression de juste fermer l’œil quand il fut secoué par sa douce. Déjà des odeurs de café et de thé lui titillaient les narines. Le campement s’animait, en douceur. Douceur qui fut bientôt troublée par des cris à vous retourner les sangs.
Sa clique était rodée, au moins ça !
Dispersion, prise de position, on ne tarda pas à voir déferler des gens très… inattendus.
Un Myiamato très assuré fendit bientôt des crânes.
Se souvenant de la conversation du soir avec Andrew, Neil pensa au rituel des têtes à contempler. Mushami faisait-il collection ? En tout cas, il leur donnait une belle leçon car, malgré leurs armes de pointe, les tirs s’avérèrent hasardeux par rapport à l’efficacité d’un sabre manié par un expert.


Il aime la proximité du combat, celui-là ! confia Neil en même temps qu’un browning dans les douces de mains de son épouse.

Dieu que les assaillants étaient laids !
Peu importait leur crasse et miasmes, ils étaient surtout belliqueux et déterminés à les dépouiller de leurs ressources alimentaires qu’ils avaient dû flairer malgré l’enfumage du camp.
Chacun répliqua comme il put, à coup de chaudron, de feu, sabre ou...


Qu’est-ce que Dan fout ? Il est fou !

Il le voyait prêt à égorger un sauvage pour défendre Pagitt mais son geste resta en suspend.

Vise celui de ta gauche !

Deux coups de feu, deux victimes qui s’enfumèrent quasi aussitôt.
Il fallut ranimer le toubib avec une gourde versée sur la tête :


Dan ! On a besoin de toi.

Plusieurs blessés réclamaient des soins. Les gourdins étaient peut-être aussi primitifs que leurs possesseurs mais ils avaient fait des dommages. Si les éraflures demandaient des sutures banales, le bras de Le Gallet pendait dans un angle bizarre qui inquiéta le toubib. L’os principal était brisé en un tas de morceaux selon le diagnostic. Après un examen minutieux, le verdict tomba : amputation.
Dans tout champ de bataille, les chirurgiens doivent aller vite pour limiter douleur et infection. Les analgésiques prévus abrutirent le cuisinier et les regards se tournèrent vers le seul capable de manier une lame plus vite qu’un maître es-bistouri.

Un long sabre se leva…

Au moment fatidique, Lindsay intervint, prétendant mordicus qu’il y avait sûrement mieux à faire que de priver Le Gallet de son bras.


Ma chérie, chaque seconde compte ! Dan sait ce qu’il fait !

Contrer Mrs Chesterfield équivalait peine perdue. Elle insista tant et si bien que McIntosh céda.
L’idée de Lind pouvait marcher, qui sait ? La pierre était magique. Elle distribuait vivres et objets, pourquoi ne réparerait-elle pas un bras ?
Les dispositions furent prises pour transporter le blessé jusqu’à la pierre. Dan et Lewis le soutirent à l’entrée de l’arche sous laquelle la jeune femme voulut s’engager également.


N’y va pas, mon amour ! Rien ne dit que le passage s’ouvrira deux fois.

Se passer de cuisinier et d’un bon fusil ne tracassait pas trop Neil mais perdre Lindsay était hors propos.
Néanmoins, butée, elle poursuivit sa ligne de conduite.
L’arche avala les quatre humains. L’attente angoissante commença.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: La quête   Ven 20 Avr - 11:41

  • Une odeur familière flottait dans l'air. Et Musashi eut la satisfaction tout à fait unique de réaliser que rien n'avait changé en lui. Son esprit avait toujours la même acuité au sein d'une mêlée sanguinaire. Et c'était une occasion unique de vérifier si l'arme dont il avait hérité était fiable. Et elle l'était... Un katana destiné à un maitre était toujours testé une fois sortie des forges. La lame vierge tranchait les corps des condamnés à mort avait d'être remis au maitre... Musashi frémit de plaisir en songeant que le sabre qu'il tenait entre les mains était assoiffé de sang. Mais son esprit dominait cette soif...

    Son regard se planta dans celui du mâle dominant de la meute. Ce dernier était un retrait, derrière un rideau de combattants. Musashi ne doutait pas de la nature humaine de ces êtres, malgré un faciès difforme et un corps qui évoquait davantage celui d'un singe. Il ne fut pas surpris d’entendre le mâle-dominant parler en le désignant du doigt. Sa bouche ne devait pas être adaptée au langage mais il prononça deux mots parfaitement distincts.

    Dents de Sabre...

    L'instinct de Musashi lui fit comprendre que la créature l'identifiait au seul prédateur qu'il devait redouter dans son existence précédente. Il constata aussi que la frontière qu'il avait tracé autour de lui, était désormais parfaitement respectée. Il hurla en direction du mâle dominant.

    Si tu ne veux pas perdre ton clan... alors retire toi d'ici!


    Il trancha à demi la taille de deux excités visiblement sourds à ses avertissements. Puis il sentit parfaitement le mouvement de reflux de l'attaque... comme une vague qui se retire.

    Il jeta un rapide regard circulaire pour constater les dégâts. Certains individus qu'il avait vaguement croisés la veille, avaient visiblement salement "dégustés". L'un semblait s'être trouvé devant la nécessité de tuer... Mais à l'instant du choix, il s'était trouvé mal. Musashi eut un vague rictus de mépris et d'incompréhension. Tuer ou être tué était l'alternative la plus simple que l'on puisse imaginer à ses yeux. Il ne comprenait les débats moraux.

    On fait la guerre totalement ou pas du tout... On ne s’arrête pas à mis chemin en se disant que prendre la vie était contre nature...

    Quelle pensée absurde...

    Il jeta un regard sur un blessé qui geignait plus fort qu'une femme en train d'accoucher. Et cela malgré des drogues destinées à le faire taire... Son bras avait du être brisé ou déboiter par un coup de gourdin. Il trouva la solution d'amputation assez radicale, non pas qu'il était sensible... il trouvait simplement que cela était un gâchis. On lui demanda si il serait capable de trancher en une fois un bras. La samourai se serait senti insulter en d'autres circonstances.
    Il sortit son sabre quand un cri féminin rappela qui était le véritable chef non-officiel de ce groupe. La jeune femme qui quelques heures auparavant l'avait entrepris sans jamais être intimidée par sa mine peu engageante, avait bravement décidé qui fallait sauver cet homme et son bras. Et sa tactique lui semblait parfaitement logique...

    Quand l'arche "avala" la petite équipe, Musashi se tourna vers l'homme qui semblait être son époux

    Elle est le seul "homme" de votre groupe...
Revenir en haut Aller en bas
Neil Chesterfield

avatar

Messages : 232
Date d'inscription : 07/03/2011

MessageSujet: Re: La quête   Sam 21 Avr - 0:12

L’avarice en parole de Myiamoto Musashi n’avait d’égal que sa morgue insultante.

Elle est le seul "homme" de votre groupe…

Pour quelqu’un qui portait une robe, le propos était culotté.
L’affront aurait pu atteindre Neil de plein fouet en d’autres circonstances. Néanmoins, il jugea plus opportun de trouver l’allusion flatteuse et d’en sourire. Lindsay n’était pas son épouse juste pour ses beaux yeux, de ça il ne douterait jamais. Si Musashi considérait l’entêtement comme une vertu, grand bien lui fasse !
La philosophie nippone étant bien le cadet de ses soucis, Chesterfield passa outre au grand dam des autres mâles offusqués qui s’attendaient à… quoi ? Qu’il rentre dans le lard que Miyamoto n’avait pas, et se fasse découper en rondelles ? Très peu pour lui. Chavez, par contre, manifesta son mépris en se détournant pour aller soulager sa vessie.
Vaille que vaille, on remit de l’ordre dans le campement assez chamboulé en constatant qu’une fois de plus les cadavres s’étaient enfumés.


*Au moins pas de tombe à creuser ni de charogne à redouter.*

Sans cesse l’œil de Neil se tourna vers l’arche de pierre dans l’espoir d’y entrevoir les silhouettes avalées peu avant. Hélas, rien ne vint.
On tourna en rond plusieurs heures, nettoyant les armes, hydratant des tambouilles instantanées chauffées à la flamme entre deux tours de gardes, etc. Au petit jour, après une nuit sans sommeil, Chesterfield dut admettre, cœur serré :


Ou le passage ne fonctionne pas comme nous l’espérions ou ils ont rencontré une difficulté inattendue…

Tu veux que j’aille voir, Boss ? s’informa Sharon Hopeman son arme favorite déjà prête à l’emploi.

On peut essayer de prier pour les voir réapparaître ? suggéra Poindexter.

Inutile d’aller se perdre Dieu sait où ! Je laisse un mot à Lind au cas où elle rallierait ce point.
Les dernières paroles de Luke Walker rapportées par sa femme à la Mienne parlaient de suivre le Nord-Ouest. C’est ce que l’on va faire. Levons le camp.


Chacun remballa ses affaires pendant que Chesterfield déposait une courte missive écrite dans la nuit. Un bout dépassait de cailloux formant une flèche signalant la direction empruntée.

Avec une boussole, rien de plus facile que de s’orienter. Chavez menait le groupe, Hopeman le fermait. Entre les deux, aucune prérogative, tous étaient aux aguets. Le samouraï suivait ou pas ? Neil s’en fichait royalement, ses pensées ayant du mal à se détacher de celle qui errait Dieu sait où.

Nulle parole ne s’échangea. On ne traverse pas un territoire inconnu et hostile comme une bande de gamins en goguette.
Un ruisseau fut franchi sans encombre puis, plus loin, la végétation s’éclaircit enfin.
Les compagnons subirent alors une ascension assez rude où les caillasses remplaçaient les herbes. Le sommet de la colline semblait se confondre avec l’horizon.
Arrivé en haut, Chavez pila sur place, comme soufflé par une vue saisissante avant de s’aplatir au sol.
Quand l’ensemble le rejoignit en l’imitant, tous jouirent du spectacle. En contrebas coulait, long et majestueux, le plus grand fleuve jamais entrevu par aucun d’eux.

La colline constituait un poste d’observation idéal. Ceux qui en possédaient, sortirent leurs jumelles.
Ce que vit Neil lui fit plisser le nez de contrariété. La berge proche grouillait d’une engeance bizarre assez paisible du moins en apparence. Heureusement, un peu plus loin à l’Ouest, la zone semblait dégagée, le fleuve resserré et l’autre rive déserte.
Musashi s’était approché. Machinalement, Neil lui passa les jumelles :


Ils sont trop nombreux en bas. On contourne !


En rampant puis en dévalant, le groupe atteignit la plage de rochers non loin du rétrécissement entrevu. Plusieurs longs bancs de sable divisaient le cours d’eau comme un delta. En s’y prenant bien, ils pourraient traverser relativement à sec.
Néanmoins, au bout de quelques escales sablonneuses, il fallut se mouiller !
Armes portées à bout de bras levés, les expéditionnaires s’engagèrent un à un dans le goulet du centre. Un fort courant y régnait. Neil dut lutter pour ne pas se laisser aspirer. Il posait un pied sur la stabilité quand un éclaboussement gigantesque se produisit dans son dos. Se retournant, fusil épaulé, il vit surgir la tête la plus hideuse jamais imaginée. Gueule dentue ouverte, elle allait avaler celui qui le suivait. L’instinct parla, il tira juste…

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: La quête   Lun 23 Avr - 15:38

    Musashi songea un instant avoir froissé la sensibilité masculine du mari, mais l'épouse le faisait irrésistiblement sourire. Elle lui rappelait Otsu et son incapacité à écouter ses ordres... quitte à le suivre à travers tout le japon, sans arme mais avec une foi en lui qui l'avait atteint de plein fouet.
    Musashi secoua la tête. Prendre conscience de l'absence de sa propre femme lui laissait une blessure saignante. Il se devait de penser à autre chose... Comme à ce groupe que le destin avait placé sur sa route. Musashi haïssait viscéralement les groupes, clans ou tribus... mais sur cette terre inconnue, toutes les routes se valaient. Alors pourquoi ne pas suivre ce groupe disparate...? Car contre toute attente, cet homme blond semblait avoir une idée sur la direction à suivre. Le blond ne semblait pas d'humeur à lui expliquer. Musashi était certain que cet homme cherchait à masquer son incertitude en imposant une direction.
    Le Japonais s'intégra dans la colonne et suivit le mouvement. Personne ne sembla se soucier de sa présence ou de son absence. Musahi ne sentit pas particulièrement blessé par cette distance d'avec ses compagnons. Il ne ressentait pas vraiment une amitié foudroyante pour aucun d'entre eux.

    Cela ressemblait à un mariage de raison...

    Après une courte marche Musashi vit la forêt laisser place à une zone ouverte. Le groupe entrepris une montée un peu raide. Musashi avait été sur les routes l'essentiel de sa vie. Alors cette randonnée avec des occidentaux impolis avait quelque chose de distrayant.

    Mais il dut avouer que le spectacle au sommet de la colline le laissa sans voix... si il avait été bavard. Le blond lui tendit alors négligemment un objet.

    Ils sont trop nombreux en bas. On contourne !

    Machinalement, le japonais porta l'objet à ses yeux. Et pendant un bref instant, il porta sa main à son katana qu'il sortit à demi. Il avait le sentiment de se trouver déplacé par magie au milieu d'un groupe d'individu encore plus poilus que ses compagnons de voyage. Il tendit l'objet "dérangeant" au blond qui choisit de l'ignorer. Musashi jeta l'objet et ce fut celui qui ferma la marche qui le récupéra en grognant. Musashi suivit la tactique adoptée qui semblait vouloir contourner la zone peuplée en traversant une zone très humide. Une zone instable, puisque très vite, le japonais se retrouva avec de l'eau jusqu'à la taille. Les courants des rivières étaient toujours si traitres... il dut maintenir ses sabres à bout de bras, ainsi que son arc et ses flèches.

    Il pouvait difficilement être plus vulnérable qu'à cet instant...
    Il sentit une onde anormale traverser le courant dans sa direction. Une ombre plus grande qu'un homme lui fit lever la tête. Il se retrouva quasiment en tête à tête avec une créature sortit tout des Enfers bouddhiques.

    Il entendit le claquement d'une arquebuse. Les projectiles rebondirent sur les écailles de la créature sans l'égratigner. Mais ce fut suffisant pour la distraire. Il y a des moments il n'y a pas de honte à fuir... Musashi compta une dizaine d'enjambées avant d'arriver sur la berge avec toutes ses armes.
    Car plus tôt mourir que d'en perdre une...

    Une fois à sec, il se retourna pour voir la créature créer un tourbillon d'eau boueuse pour disparaitre en son centre. Le Japonais se tourna vers l'homme blond.

    Si vous comptez par un moyen ou un autre remonter ce fleuve , il vous faudra tenir compte de "ceux" qui le garde...


Revenir en haut Aller en bas
Neil Chesterfield

avatar

Messages : 232
Date d'inscription : 07/03/2011

MessageSujet: Re: La quête   Jeu 26 Avr - 11:55

Si les abords habituels du village côtier où il avait fait naufrage avaient toujours semblé assez « normaux »à Neil, il avait dû être plusieurs fois confronté à des bizarreries. Par exemple les champs, une fois bien irrigués, s’étaient révélés d’une productivité étonnante. On pouvait facilement moissonner maïs et blé en quelques semaines, d’énormes tomates mûrissaient en une journée. L’élevage aussi était stupéfiant. Des lapereaux devenaient de la taille d’un porcelet en un rien de temps. Que dire des poules…
C’en était devenu banal.
On lui avait rapporté, ici ou là, avoir rencontré des espèces animales étrangères mais rien n’avait préparé Chesterfield à voir de si près le monstre le plus terrifiant de la création ou… de l’imagination.
Tirer était un réflexe que suivirent Chavez et Hopeman. Cependant, seul un bazooka aurait pu venir à bout d’un tel cauchemar vivant. Les balles rebondirent sur les écailles du « dragon » des eaux sans lui causer le moindre dommage mais la diversion suffit à le détourner de son but premier. Pour ne pas risquer un nouvel assaut, un repli stratégique s’imposa sans aucune honte à ressentir.
Le samouraï s’adressa à Neil et débita une évidence de son ton sentencieux :

Si vous comptez par un moyen ou un autre remonter ce fleuve, il vous faudra tenir compte de "ceux" qui le gardent...

Pas de souci, On évitera de barboter là-dedans autant que possible.

Par chance les derniers bancs à traverser étaient séparés par des goulets plus étroits et peu profonds qu’ils traversèrent néanmoins avec prudence.
On se regroupa bientôt sur la rive opposée à celle où ils avaient été contraints d’abandonner quatre des leurs.
Les émotions ça creuse, c’est bien connu.
Histoire de ne pas risquer d’être à découvert et d’encore subir de mauvaises surprises, un périmètre de sécurité fut délimité un peu plus à l’intérieur des terres. Là, les camping-gaz s’allumèrent pour réchauffer des boissons réconfortantes. Pour la nourriture, on se contenta de conserves froides ou à peine tiédie afin que des vapeurs n’attirent pas l’attention sur eux.
Neil fit le point pour les oreilles à proximité :


Ce détour nous oblige à nous rabattre vers l’aval du fleuve. L’eau semble attirer beaucoup de gens peu fréquentables. Il vaut mieux éviter de les fréquenter de près.

Question d’éclairer la lanterne du Japonais, Chesterfield se crut obligé de résumer la situation :

Mon ami Luke Walker a disparu peu après une attaque de notre village. Il a juste indiqué à sa femme Jenny qu’il faudrait suivre le Nord-Ouest. Elle est partie à sa recherche et… nous pensons les retrouver en allant dans cette direction.

Tous s’étant reposé et rassasié, on remballa le matériel et se remit en route.

Cette rive ressemblait beaucoup à la précédente. En se maintenant à une distance respectable de la berge du fleuve, on pouvait néanmoins l’apercevoir de temps à autre à travers les nombreux arbres peuplant les bords.
Les sens étaient affûtés, les armes prêtes à en découdre en cas de mauvaise rencontre.
Il n’y en eut aucune. À part déranger des volatiles de leur perchoir, ils ne croisèrent pas âme qui vive et personne ne s’en plaignit.

La marche harassante devait cesser. Par précaution, Neil voulut diriger ses compagnons vers les hauteurs où la végétation était moins dense, donc la vue dégagée. Les quelques heures les séparant de la nuit seraient utiles à établir un campement sûr. Le tout était de tenter de trouver un peu de nourriture fraîche car les conserves ne seraient pas éternelles.
Des directives s’énoncèrent :


Browning, Hopeman, Poindexter et Paggit : montez le camp. Les autres, avec moi.

À Chavez et au Samouraï, il recommanda :

On va descendre au fleuve y remplir les gourdes et pêcher. Jeremy m’a montré des traces de sangliers dans le coin mais en tuer un est… hasardeux. Restons silencieux !

Avant de quitter la zone feuillue, on observa soigneusement les alentours puis, chacun prit la position qu’il jugea favorable à ses exploits. Tige ébarbée, fil nylon, crochet, comme canne à pêche, Neil avait connu mieux. Intérieurement, il pria pour que les vers servant d’appât, découverts sous une pierre, n’attire pas l’affreux montre de la matinée.
La chance lui sourit en capturant deux poissons, genre perches, de belle taille en moins d’une demi-heure. Il en rumina des pensées pendant ce temps !


*Où es-tu mon amour ? As-tu froid, as-tu faim ? *

Assommant sa dernière prise, il réalisa soudain être seul sur la berge. Sans doute les autres étaient-ils déjà remontés au camp.
Son sac pesait lourd tandis qu’il s’enfonçait de nouveau dans la forêt. Tout était silencieux hormis…


*On se bat !*

Accélérant l’allure à fond, il déboula sur une scène ahurissante. Là, pointés du fusil d’un Chavez indécis, alors que dans l’herbe gisait la dépouille d’un sanglier saigné et lardé de flèches, roulaient sauvagement deux individus plus avides l’un que l’autre de revendiquer la proie. Au vu des rondeurs exposées dans le déclin du soleil, Neil se persuada que le Japonais était en train de se faire agresser par… une fille. D’ailleurs, deux voix féminines exhortaient les combattants à rompre la rixe…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: La quête   Dim 29 Avr - 11:40

  • Mon ami Luke Walker a disparu peu après une attaque de notre village. Il a juste indiqué à sa femme Jenny qu’il faudrait suivre le Nord-Ouest. Elle est partie à sa recherche et… nous pensons les retrouver en allant dans cette direction.

    Musahi ne vit pas l'utilité de répondre. Cette raison en valait aussi bien une autre pour avancer. Les dénommés Luke et Jenny faisaient donc partis du groupe initial constitué de ces occidentaux. Et partir à leur suite enseignait une chose au Japonais. Le blond avait sans conteste le sens du groupe... ce que Musashi avait toujours eut en horreur. Mais il ne voyait aucun problème à cette situation. Tant qu'il ne comprendrait pas le pourquoi de cette situation pour le moins hors norme... il resterait parmi ces blancs.

    Il suivit le rythme imposé sans difficulté. Il avait passé l'essentielle de sa vie sur les routes. Alors cette marche dans cette nature étrange et étrangère avait malgré tout quelque chose de terriblement familier pour le vagabond qu'il avait toujours été.

    Il ne discuta pas le choix du site pour la nuit, ni la nécessité évidente de trouver de la viande fraiche. Il avait une méfiance instinctive pour ces boites de fer renfermant des aliments au gout métallique par le lequel le cuisinier auto-proclamé du groupe ne cessait de jurer.

    Boites de conserve... ?
    On dirait un autre nom pour cercueil...


    Cette pensée étrange traversa son esprit quand il prit parti pour aller en chasse du sanglier. Il avait une méfiance quasi atavique de l'eau. Alors il laissa la pêche au groupe des hommes si pâles. Et retrouver les sensations de l'archer en chasse, en pleine forêt, avait quelque chose de bien plus excitant.

    L'énorme animal était tout à son affaire de retourner la terre avec son énorme museau. Son appétit de racine allait le perdre... Musashi banda son arc. La flèche atteignit l'animal en plein ventre. Il s'affaissa lourdement. Musashi s'approcha pour découvrir une autre flèche plantée dans le corps gigantesque. Musashi s'entendit lui-même grogné. Il sentait qu'il y aurait bientôt contestation... Il ne fut pas déçu...

    Il sentit un mouvement d'air derrière lui. Il n'eut pas le temps de prévenir la projection d'un corps qui se catapulta contre son dos. D'abord stupéfait, il s'en débarrassa d'un coup d'épaule. Il se tourna pour faire face à une paire d'yeux clairs étincelants.

    La femme blonde se jeta de nouveau sur lui, toutes griffes dehors... que disait-elle?... elle le traitait de voleur. Machinalement, il arrêta sa course en la saisissant à la gorge et la fixa ainsi au sol... comme un gros insecte. Il ne tint pas compte de l'agitation alentour. Toute son attention était braquée sur la demoiselle agressive. Penché au-dessus d'elle et de sa voix un peu lasse, il lui parla comme à une enfant...

    Tes yeux sont si clairs... Cela veut peut-être dire que tu es malade... Et je ne tue jamais les fous ou les folles...
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La quête   

Revenir en haut Aller en bas
 
La quête
Revenir en haut 
Page 2 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Gods Games :: Monde des rescapés :: Les Bois-
Sauter vers: